Les oubliés du Forem  sont au CPAS

 

La diminution des demandeurs d’emploi en Wallonie traduit aussi un glissement   de la Sécurité sociale vers les entités fédérées et les communes.   Les chiffres explosent depuis 2015 et les pouvoirs locaux sont sous pression. 

 


En lisant la presse du 1 er octobre, mon attention a été attirée par la dernière publication du Forem relative aux derniers chiffres du chômage. En soi, la nouvelle me réjouit : le chômage poursuit son recul en Wallonie. Le taux de la demande d’emploi est désormais de 13,2 % contre 13,7 % en septembre 2018 et 13,9 % en septembre 2017.

 

Même si ces chiffres sont encore trop élevés, je suis heureuse que les gens retrouvent/trouvent le chemin du travail. C’est une bonne chose pour eux et leurs familles.

 

Néanmoins, ces chiffres cachent la réalité d’un certain nombre de demandeurs d’emploi qui perdent leurs allocations de chômage et sont, dès lors, contraints de demander le revenu d’intégration sociale (RIS) auprès des CPAS.

 

On assiste clairement à un glissement de la Sécurité sociale vers les entités fédérées et les Communes. Les CPAS sont sous pression ! Les chiffres explosent depuis 2015.

 

En 2018, selon les chiffres de l’IWEPS, en moyenne, 3,19 % de la population wallonne, âgée de 18 à 64 ans, bénéficiaient d’un RIS ou d’une aide financière équivalente. À Tournai, ce taux se situe entre 6,1 et 8 %. Il est comparable à des agglomérations comme Namur, Dinant, Ottignies-Louvain-la-Neuve et Eupen. Il est encore plus important dans les bassins industriels.

 

Les pouvoirs locaux sont étranglés

 

Dans un avenir proche, ces derniers ne pourront plus assumer fonctionnellement et financièrement une telle charge. Par conséquent, les Villes n’auront d’autre possibilité que d’augmenter leur dotation à l’égard des CPAS.

 

A l’aube des négociations pour la constitution d’un gouvernement fédéral, j’attire l’attention des futurs négociateurs sur la politique en matière d’accès aux allocations de chômage.

 

Le système actuel, et cette propension à systématiquement mettre en place des politiques nouvelles qui impactent un autre niveau de pouvoir que le sien, n’est plus tenable ! Les transferts de charge répétés (zones de secours, réforme des polices, tax shift…) du niveau fédéral vers les pouvoirs locaux sont devenus insoutenables !

 

En matière sociale, il ne serait pas concevable que le futur accord de gouvernement fédéral ne réforme pas le système actuel du droit aux allocations de chômage. Que l’on cesse, en effet, de considérer les bénéficiaires d’allocations de chômage comme une variable d’ajustement budgétaire et cessons également de mettre continuellement sous pression les pouvoirs locaux !

 

Que chacun assume ENFIN ses responsabilités ! Et que l’on donne aux pouvoirs locaux la possibilité de développer, à nouveau, des politiques de proximité.